Superflic à la Primature : Les Généraux dribblent les politiques
Lé général-président, s’il se sert d’eux et les manœuvre bien, a très peu de considération pour les politiciens. En tout cas, ils ont toujours eu la portion congrue dans le partage de gâteau et s’ils sont cooptés, c’est le plus souvent comme complément d’effectif.
Ce n’est pas la meute d’égosillards et de situationnistes chacun ayant son un peu, un peu, qui démentira. Hier, ils étaient noyés dans un gouvernement citoyen, très largement derrière les amis et les proches, et aujourd’hui avec la nomination d’un général à la Primature (un poste politique), ils doivent bien se mordre le petit doigt.
En effet, salivant dans la perspective d’un plébiscite qu’ils estime avoir été les orfèvres et les maître d’ouvre, les pontes de l’ADP se trouvent encore dribblés par le Général-président qui a choisi de faire confiance à son homme de confiance. Est-ce dire que ATT n’estime pas tous ces grands politicards et piaillards de porte-parole à hauteur de dignité primatoriale ? Car, la logique démocratique aurait voulu que le Premier des ministres sorte du rang de cette majorité présidentielle qu’on a tant brandie en signe de confiance et de loyauté. Y avait-il plusieurs logiques concurrentes dans la majorité présidentielle comme cela s’était illustré avec Bamountaga lors de l’élection du président de l’Assemblée nationale ou est-ce l’alliance n’était rien d’autre qu’une vile allégeance et un affligeant marché de dupes comme par le passe, sans aucun engagement de la part du Général ATT ?
Le choix du Superflic est à cet égard une belle gifle aux Adpiens, au moins un irritant pieds de nez. En effet, constitutionnellement, le Chef de l’Etat, en l’absence d’une majorité absolue à la Chambre, reste maître absolu de la décision, nul ne pouvant lui objecter quelque chose. Mais, à moins de se dédire (l’objectif était de faire élire le président et d’avoir une majorité à l’Assemblée nationale), l’ADP qui a réussi haut les mains « en écrasant » l’opposition FDR a une belle et bien une majorité écrasante à Bagadadji. A quoi est-ce que cette majorité sert-elle si elle n’a même pas voix au chapitre dans le choix du chef du gouvernement ? Car, on ne peut convaincre que les Coulibaly que Superflic est un Adpien bon chic, bon genre, et que c’est la majorité qui l’a envoyé en mission à la Maison du Peuple.
A la vérité, les politiques, une fois de plus, se trouvent roulés dans la farine, humiliés et blackboulés. Et canardesquement, ils le méritent bien… à tous points de vue. Car, lorsque les démocrates piétinent leurs engagements et renoncent à leurs missions, ils ne peuvent que s’aplatir et applaudir en se contentant des miettes qu’on leur jette comme à des Coulibaly.
Mokha DEME