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30.04.2007
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Superflic à la Primarure : le surplace systémique

Superflic à la Primarure : le surplace systémique

Posté le 02.10.2007 par Mokha DEME
Superflic à la Primarure : le surplace systémique
C’est loin d’être un non évènement, mais l’élévation du Grand manitou du Palais à la dignité Primatoriale n’a surpris guère grand monde. Non pas qu’elle fût seulement dans l’air du temps, mais parce que aussi tout le monde savait qu’il pouvait difficilement en être autrement. Combien de fois, la rumeur était-elle devenue inquiétante, pardon persistante, au point de devenir sérieuse ? Car « Monsieur le vice-président » à la baguette, c’est la prime à un certain autoritarisme et un certain snobisme que dénoncent un certain petit monde du Palais et une certaine classe politique habitués aux privilèges faciles.

Pour sûr, Superflic n’est pas un Timonier ni le plus impitoyable des mandarins du Palais, mais il n’est pas non plus un enfant de Chœur ni de Cour. Derrière ses apparences d’intello de son temps, le nouveau légionnaire de la Maison du Peuple pourrait être un dur parmi les durs, en tout cas, les bruits de couloirs le dépeignent comme l’éminence grise, l’homme de confiance du Général-président. Logique simpliste : entre frère d’armes, mieux entre officiers, mieux encore entre Généraux, on ne peut que s’entendre et trinquer… à la bonheur ! Alors, avec cette nomination qui cadre avec une certaine logique de rectitude voire de raidissement, tout semble promis en Haut pour aller au mieux dans le meilleur des mondes. Mais qu’est-ce que cela change-t-il pour le Petit peuple d’en bas ?
La rupture promise, comme on le voit, étant devenue au constat une continuité, pardon un renforcement de la donne, la prudence recommande de faire des provisions, en tout cas d’éviter de faire des prodigalités. Parce qu’au fond, lorsque l’interlocuteur direct du Premier ministre, celui-là même avec qui il « travaille » sur tous les dossiers et conduit la politique de la Nation sous l’œil vigilant du Président de la République, le remplace, on peut certain parler de « changement » par euphémisme, parce qu’il y a remplacement d’un homme par un autre homme mais dans les faits il n’y a aucune rupture dans la mise en œuvre des politiques. A moins qu’il y ait eu un conflit indissoluble entre les deux hommes, qui ait obligé le Président de la République à arbitrer entre les deux et à trancher en faveur de son Secrétaire général. Au-delà des potins des canards et des cancans de salons huppés, officiellement tout allait bien entre Superflic et Béro, et les raisons prosaïquement avancées tiennent beaucoup plus à un « renouveau de l’action publique » qu’à la querelle de sous-chefs.

Dans ces conditions, l’interrogation demeure : comment, n’étant ni politique ni un As de l’économie et des finances, tout « Monsieur le vice-président » qu’il est, Superflic réussira, comme dans un tour de passe-passe à faire tabula rasa de toute la politique antérieure, de toutes les politiques précédentes et imposer, illico presto, le renouveau politique, économique, social et culturel tant attendu ? Or, les urgences et les attentes, voir les impatiences et les appétits, sont comme on le voit incompressibles… Nulle volonté de faire un procès en sorcellerie et lui prédire un échec inévitable ne serait qu’un délit de faciès.

Superflic est compétent. On dit de lui que c’est un passionné du boulot, de l’ordre et de la discipline. Même si des méchantes langues le passent comme une petite terreur, asocial et viscéralement apolitique, le Mali pourrait avoir besoin de ses compétences de Superflic pour mettre de l’ordre au Septentrion, car la question s’y pose est officiellement « un problème de maintien d’ordre ». Et avec un Superflic à la manette, on pourrait rapidement conjuguer au passé la rébellion qui emmerde tout le monde au Nord, et l’insécurité qui met tout le monde en danger au Sud.

Mais voilà la gouvernance démocratique n’est pas qu’une question de sécurité. Elle suppose et implique aussi une donne politique qui n’est pas toujours symétrisable avec la raideur militaire. Or Superflic n’est pas connu comme un grand partisan ; et il ne rendrait que timidement le respect et la considération que lui gratifient la gente politique. Quel type de relations pourrait-il avoir dès lors avec une classe politique dans un contexte politique de recomposition où les l’expérience et affinités, pour ne pas dire les complicités, seront les meilleurs alliés du locataire de la Maison du Peuple ?

Quid des opérateurs économiques et des partenaires sociaux dont les attentes sont plus que légitimés par une chronique récession et une conjoncture sous-régionale et mondiale dans notre continentale et la corruption systémique nous maintiennent depuis au moins 5 ans ? Que pourra-t-il faire un Superflic en terme d’initiative et synergie nouvelle quand on sait qu’il était là, parmi ceux qui décident depuis 15 ans, au moins 5 ans dans le saint des saints ? Ce serait, comme le dirait Chirac un délit de sale gueule que parler en ce qui concerne Superflic de « fatigue », « d’usure du pouvoir », « d’inappétence de créativité », mais il va lui falloir plus que sa nouvelle tunique primatoriale pour convaincre, gagner la confiance et le respect de tous les partenaires politiques et sociaux (même ceux qui le critiqueront, car il abhorre par-dessus tout la critique comme tout bon militaire) afin de relever le challenge.

Un recyclage accéléré s’impose donc pour ce recordman des ministres de la Rue publique dont le parcours apolitique, bien qu’élogieux, ne le désignait pas a priori dans ce fauteuil. Un peu d’exercice politique dans cette jungle où les saints peuvent côtoyer les plus abjects des fripouilles et des situationnistes ne ternira certainement pas l’éclat des galons de ce Général de police qui aura besoin de toute son expertise de criminologue respecté pour débusquer et mettre hors d’état de nuire les sangsues et les fossoyeurs de notre économie. Un peu d’indulgence pour tous les canards boiteux qui ne manqueront pas de ragots et d’invectives sur sa gestion et qui ne feront que le grandir davantage.
Bienvenu dans nos colonnes à Superflic, pardon à Monsieur le vice-président, Van, Grand Saleçero et fan de James Brown et de Ottis devant l’éternel.
Par l’Empereur



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