Mali : Comment les ministres ont-ils été fixés sur leur sort ?
L’heure est à la contradiction au sujet de cette nouvelle démission du désormais ancien Premier ministre, Pinochet, celui-là même qui avait auparavant, au soir du 8 juin dernier, dans le cadre strict des principes républicains, présenté une première démission au Général Kénèkaraba. Pour ce coups-ci intervenu le jeudi 27 septembre, on rapporte que Pinochet, qui en avait marre depuis longtemps d’être le chef d’une équipe gouvernementale moribonde, est lui-même monté à Koulouba pour demander au maître des lieux, qui l’attendait sûrement, d’accepter en fin de compte une démission qui n’était plus qu’une affaire de temps. Pinochet sera venu brutalement voir le grand maître des lieux pour lui dire qu’il est de temps pour lui de raccrocher. L’homme à tempérament était si déterminé à avoir gain de cause que son interlocuteur n’a eu d’autre choix que de se rendre à l’évidence : une audience feutrée lui sera accordée à cet effet à l’issue de laquelle l’acte de démission sera officiellement remis au Général Kénèkaraba après bien sûr les salamalecs protocolaires. En toute convenance protocolaire, le maître des lieux a loué les qualités d’homme de son hôte.
Ce n’est qu’après l’étape de Koulouba que Pinochet foncera tout droit à la Primature où il convoquera, une fois arrivé sur place, tous les ministres de son gouvernement dont la plupart, en ce mois de carême, seront pris au dépourvu par la brutalité de la nouvelle. Est-ce vrai, comme les cancans le rapportent dans la ville, que les ministres n’étaient pas informés à l’avance de cette nouvelle démission les concernant ? En tout cas, ce jeudi 27 septembre à la Primature, tout s’accélère : les ministres convoqués d’urgence autour de leur chef démissionnaire, pour une réunion d’adieu, seront tenus informés de la nouvelle donne. Là aussi, salamalecs protocolaire. Pinochet, visiblement ému, traduira ses états d’âme à ses ministres, réunis autour de lui. Il en profitera pour apporter à chacun des membres du gouvernement, devenus à l’intervalle d’une courte séance présidentielle, des desormais ex-ministres, comme le lui avait demandé le Général Kénèkaraba, les remerciements chaleureux et fraternels du président de la Rue publique pour l’intensité du boulot déployé, tout au long de leur mandat, pour le bien-être collectif des citoyens. Qu’est-ce que les ministres ont répondu à ce clin d’œil d’usage présidentiel ? Nul ne le sait, car aucune information n’a filtré du conclave exclusivement réservé à Pinochet et à ses ministres, lesquels doivent désormais quitter leurs fonctions en laissant la place à de nouveaux titulaires de portefeuilles ministériels qui vont être nommés à ce poste tant convoité de chef départemental ministériel.
Mais toujours est-il qu’après la réunion d’adieu des ministres à la Primature, l’heure était à la surprise chez les désormais ex-chefs départementaux ministériels dont la plupart, comme cela a été rapporté par de nombreuses indiscrétions, sont sortis de la réunion d’un pas lent et mesuré avec le regard perdu dans l’infini, comme s’ils étaient mis devant le fait accompli. Par l’attitude de certains ministres, beaucoup de gens, ayant été les témoins oculaires de la sortie des ministres de leur réunion avec Pinochet, ont conclu à l’effet de surprise pour cette nouvelle démission. Tout indiquait selon toujours les mêmes indiscrétions que les ministres n’étaient pas véritablement imprégnés de la réalité des choses les concernant jusqu’à cette convocation à la Primature où il se sont précipités pour s’y être informés que c’était la fin d’un mandat pour eux et le début d’une nouvelle étape de gestion pour le pays.
Karamoko